11 avril 2013

Les raisins de la colère en NZ

 

bannocburn lac

« Moi j'en ai connu des bandits, des Al Capone, des Pablo Escobar, ou autres Bernard Tapie, mais des comme LUI, ha ça jamais !!!»

Une personne très proche de mon entourage se plaint que les histoires que je raconte sont toujours glauque, sordide, avec un humour noir, que ça ne reflète pas la réalité de notre voyage, que c'est toujours pareil...et blablabla. Donc on me traite de menteur et on insinue que c'est redondant ce qui sous entendrait que j'endors vos esprits qui ont si besoin d'être stimulé, je le sais bien.

Je répondrais que je tente juste d'être le plus sincère possible sur ce qu'il se passe véritablement ici, c'est pourquoi je vais vous narrer avec bonne foi, une histoire toute gaierette qui nous est arrivé a Cromwell, ville qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme coupeur de tête de rois.

 Il faut savoir qu'une seule règle régissait la ville de Cromwell, celle de cette homme affreux, scandaleux, cette homme que l'on surnommait la fouine, la gueule rouge ou encore son nom le plus connu : le roi du pétrole . Mais nous on s'en foutait car on aime bien les hommes qui font peurs, ça nous rend toute gaite.

old cromwell

Nous rencontrâmes, j'allais dire malheureusement, mais non heureusement bien sur, le roi du pétrole dans son fief, le camping du chalet, alors que nous nous étions égarés dans le choix de notre cuisine. Il nous interpella soudainement près du frigo, une bière à la main et plusieurs dans la panse:

«  Hey guys, are you new in this block, b'cause I ' never seen you before, if not you can't be here, where d'you sleep ? » 

Un peu intimidé par ce charisme hors norme mais à la fois fiers que ce beau poivrot nous adresse la parole, nous bégayâmes quelques mots en anglais :

« Heu sorry, heu... we sleep here,you know we have a tent and... »

Et il nous interrompit d'un grand rire sardonique :

« HOUAHOUAHOUA ! A tent ! So you can't use this kitchen, here we pay BIG MONEY for have this facilitie, you can't be here! HOUAHOUAHOUA ! We pay BIG MONEY, do you understand ? The kitchen is for the block and we pay BIG MONEY ! HOUAHOUAHOUA ! »

Interloqués, nous ne savions que répondre par cette prestance et fîmes demi-tours, toutes gaites d'avoir parlé avec ce gentil garçon.

(Avant d'aller plus loin je dois vous expliquer qu'avec Margot nous avions l'intention de trouver un travail rémunéré car l'argent du routard se consume dans l'essence et les pneus. Ou alors le savon bio, oui nous respectons l'environnement en Nouvelle-Zélande, mais rassurez-vous dès qu'on rentre on recommence à polluer.)

vigne cromwell

 C'est donc en quémandant du boulot que nous rencontrâmes sans le savoir un des amis du roi du pétrole. Ce bandit, très talentueux dans la manipulation et le mensonge, se nommait Elodie (prononcez[AÏE] à la fin, à l'américaine, ou sinon vous pouvez dire élolo, mais ça elle aime moins, ça la met en rogne, et vaut mieux pas la mettre en colère la Elodie, c'est moi qui vous le dit), et c'est avec elle que nous tombâmes vraiment dans ce qu'on peut appeler l'esclavage, l'esclavage des vignes. Mais je vous rassure nous étions toute gaïte d'être esclave car je précise qu'on était contre l'abolition à la base.

Se faisant passer pour une française par sa maître de la langue de Molière avec un petit accent de Bezac, elle nous alcoolisa à forte dose de mauvais Pinot noir en chantant entre chaque verre cette phrase qui retentit encore dans nos mémoire :

«  Roule tout doux dans le 2-5, lève ton verre et trinque ! »

Complètement bourrés, nous signâmes des contrats de travail posé habilement près des bouteilles nous liant pour une durée indéfinie au roi du pétrole. Quel honneur, imaginez vous, pour nous, pauvres imbéciles heureux.

 

Le lendemain la tête en montgolfière, nous eûmes la surprise de se faire réveiller brusquement de notre tente par un coup de pied ferme. Ce coup de pied fut donné par une botte en caoutchouc extrêmement raffinée portée par une jambe ayant un mollet tatoué d'un ying et yang enflammé.

Et quand vous voyez en face de vous la puissance du ying et du yang enflammé, plus rien ne vous retiens de tomber dans un état proche de la syncope .

Mais peu importe nous aimons les réveils musclés et nous avions hâte de faire les esclaves donc nous nous mires sur pied plus rapidement qu'une nouille sautée.

Cet homme très subtil était en fait le valet du roi du pétrole, son matricule : Brokebackmoutain ; sa particularité : le pouvoir du ying et du yang enflammé.

 

Je voudrais également présenter un personnage assez mystérieux, voir mystique qu'il ne faut pas louper quand on parle de la vie du roi du pétrole.

Il va sans dire que ce dernier n'allait pas sans femme, sans la reine du pétrole. Tout le monde s'est demandé un jour qui était-elle, ou vivait-elle  car personne ne l'avait vu. Mais je peux vous dire une chose et une seule :tout le monde l'avait entendu. En effet, tout les soirs un son gutturale provenant du fond du camping se propageait dans toute la zone et cela sans s'arrêter de la nuit. On percevait quelques : «FUCK, FUCKING FUCKER YOU SUCK , FUCK THE FUCKER AND SUCKER !», et cela avait pour effet de nous bercer tout doucement, comme des petits nourrissons, j'ai même repris a sucer mon pouce en entendant cette mélodie si apaisante.

 

Néanmoins la vie dans les vignes était palpitante et nous remercierons jamais assez le roi du pétrole de nous avoir offert ces moments proches du Nirvana.

Le superviseur était donc Brokebackmoutain et pour se faire obéir plus facilement il était entouré d'un armé de Vanuatu-an. Culturellement différent, ils aimaient chasser le merle et le lapin qu'ils attachaient encore vivants à leurs ceintures pendant que nous nous amusions, avec nos mains noires et couvertes de sang, à poser des filets sur ces admirables vignes de pinot noir.

Margot plus particulièrement se lia d'amitié profonde avec eux, car elle appréciait la souffrance animale plus que tout au monde. Je les vois encore, courants ensembles dans les lignes de vignes à la poursuite d'un petit lapinou, à savoir qui l'attraperait en premier !

 

Cependant la vie paradisiaque s'arrêta brutalement. Vous savez dans le milieu des truands, le plus fort souvent trouve plus fort que lui, et c'est ce qui arriva au roi du pétrole. Cet homme dont la vie extraordinaire n'a plus besoin d'être contée, finit à proprement parlé le nez dans le merde. Et oui, il fut détrôné par Christianf, coq sans foi ni loi, qui lui vola sa reine du pétrole et ses vignes par la même occasion. Le roi du pétrole dû nettoyer les toilettes du chalet jusqu'à la fin de sa vie. Christianf, accompagné de son acolyte TIGER, exécuta tout le personnel du roi du pétrole. On retrouva le corps de Brokebackmoutain dans les grappes de raisins, la puissance du ying et du yang enflammé avait faillit face à la patte monstrueuse de TIGER. Pour les Vanuatu-an, Tiger les pendit vivants aux pieds de vignes.

Il est clair alors que Christianf n'était vraiment pas intéressé par le milieu viticole mais plutôt penché vers la graine qu'il aimait prendre en shoot du matin jusqu'au soir, et c'est bien cette dernière qu'il fit pousser a foison à la place des anciennes vignes.

 christianf

Incompétents et perdus face à cette nouveauté, nous reprîmes la route furieux, car tout ce que nous voulions nous, c'était du raisin.

C'était donc les raisins de la colère.

Fin (grandiose)

Posté par dolbylink à 23:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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